Quand on me demanda, voilà plus de trente ans, ce que j'avais retiré du Congrès mondial du pétrole de La Haye, j'estimai avoir justifié ma présence en répondant: 'peut-être un peu plus que je ne lui ai apporté'.

Au fil des ans-et plus particulièrement dans les dix dernières années-on a pu noter une prolifération croissante de conférences, colloques ou réunions de groupes d'experts sur le pétrole et l'énergie. On rencontre donc aujourd'hui beaucoup plus d'occasions d'exposer les idées et les faits que ce n'était le cas voici cinquante ans. De nos jours, il est fait appel dans une bien plus grande mesure au temps et aux fonds des personnes individuelles, des sociétés et des gouvernements, ce qui fait intervenir de manière nettement plus marquée l'élément de concurrence.

L'avantage majeur des Congrès mondiaux du pétrole réside, à mon avis, dans le fait qu'une ressource énergétique dominant la scène mondiale y est traitée sous une optique vraiment globale. Cela permet aux experts spécialisés dans tel ou tel secteur de se documenter, non seulement sur des aspects nouveaux de leur propre domaine d'activités, mais aussi sur des idées et des faits touchant à des secteurs voisins des leurs, au sujet desquels leur travail quotidien normal ou des conférences spécialisées ne leur permettraient pas de se renseigner. Ils ne peuvent toutefois en profiter que dans la mesure des efforts personnellement consentis. I1 s'agit là d'un point que j'avais déjà souligné lors de la clôture du Congrès de Moscou, en 1971, et qui conserve toute son actualité à l'heure actuelle. Cette observation s'adresse, non seulement au personnel de l'industrie pétrolière, mais également à ceux qui, depuis 1973, prennent un intérêt croissant à notre industrie. Malheureusement, il semble que cela n'ait pas été compris dans toute la mesure où je l'espérais alors.

Je ne puis comprendre que quelqu'un, disons un banquier, à titre d'exemple, à qui l'on demande d'apporter sa contribution à une discussion sur certains aspects financiers d'une question, puisse répondre que la seule session du Congrès pouvant l'intéresser est précisément celle à laquelle il lui est demandé de participer. Connaîtrait-il si bien cette industrie hautement complexe, ses problèmes de production, de transport, de raffinage et de commercialisation, ainsi que les disponibilités en hydrocarbures non-classiques, qu'il puisse prétendre ne pas pouvoir tirer parti de l'ensemble du Congrès pour améliorer les conseils donnés au conseil d'administration de sa banque ou à ses clients? De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement d'un pays, quel qu'il soit, car tous sont de plus en plus concernés, ne peuvent manifestement que bénéficier d'une meilleure connaissance de

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